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Poésie

La poésie accompagne la peinture, comme une autre manière d’approcher le réel.

Elle procède du même geste : tentative, reprise, exigence.

L'oeil

Une traite, du vert de crête

Effiloché plus ou moins

Des espaces, des états

L'un l'autre

Partout la perte et pas de plans

Ailleurs aussi le même banc

Le carnet, moi

Par là

Dans ce carré du monde

Minimum et bout du bout

Dans la bulle et la vie courante

Au milieu des biotopes

Du décoratif

Et des mondes fait pour les paumes

Collectionnant des creux pour décorer du vide

Marcheur et géographe

Graver des noms parfois

Entre les parenthèses où se traquent

Les moments propices

Etre mouillé quand il pleut

Savoir que le monde est un œuf

Connaître le parfum des coulisses

La simplicité têtue

Le début des miracles

Et des mains piégeant des mentons

Tout enfin épais

Des morceaux

pas mêmes des morceaux

Des grains

On les relie

Des traits

On les délie

Tout les traits

Et on retisse et on retisse encore

C’est ici qu’on vit

Décrire est une affaire

Et partout c’est le centre

Et le milieu du rien

Partout travailler

A sa main, au selon du soi

Sur les choses à nommer

Sur les habits du hasard

Et sur le familier

Sur la distance aussi

Si la forge est amicale

Sur la distance aussi et sur les majuscules

Quand l’intérieur s’allonge

C’est toujours au lointain

Au pays des pépins, des noyaux,

Des graines, des fèves et des cailloux pleins

Au pays du pourquoi

Au pays du s’en fout

Au pays du calme tranchant

Je lorgne

Des fils me tranchent

Tout m'échappe

Je me glisse

Dans le bruit des rencontres

Ceci, ceci est là, ceci est

Je m’y emmène parfois

Je n’y suis rien

Juste un ceci

Je m’y promène en arpenteur

Soucieux je ne m’y dissous point

Un absolu pour soi

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